FoodMesh donne une seconde chance aux produits alimentaires


Le service d’appariement de FoodMesh détourne les aliments excédentaires des sites d’enfouissement.

FoodMeshLe jour où l’on a appelé Jessica Pautsch pour l’informer de la mise au compost imminente d’environ un demi-million de barres tendres mal étiquetées, la présidente-directrice générale et cofondatrice de MeshExchange est passée à l’action. Mme Pautsch a convaincu l’entreprise de faire plutôt don des barres en les réacheminant à des banques alimentaires locales et à des programmes d’aide aux personnes évacuées en raison des feux de forêt en Colombie-Britannique.

Des tonnes d’aliments pouvant parfaitement être consommés sont gaspillées au Canada, par exemple des fruits ne correspondant pas aux critères esthétiques, des produits dont l’emballage est endommagé ou dont l’image de marque est désuète, les bouts arrondis d’un bloc de fromage qui ne peuvent pas être coupés en tranches. « Ce type de gaspillage a lieu chaque jour dans l’industrie alimentaire, simplement parce qu’il est plus facile et moins coûteux d’éliminer les aliments que de les réacheminer », explique Mme Pautsch. « Nous voulons changer cela. »

L’application FoodMesh est ainsi née. Développée par MeshExchange, elle permet aux transformateurs, aux agriculteurs, aux restaurateurs et aux autres chefs d’entreprises du secteur alimentaire de dresser la liste des aliments excédentaires qu’ils aimeraient donner ou vendre à prix réduit. Ensuite, l’algorithme d’appariement de la plate-forme en informe les meilleurs destinataires possible parmi un réseau d’entreprises et d’organismes à but non lucratif dûment approuvés.

Ainsi, l’outil en ligne facilite la recherche d’un endroit où entreposer les produits excédentaires, aide les entreprises à éviter de payer des frais d’élimination élevés et permet aux organismes à but non lucratif de recevoir plus de dons sans plus d’efforts, tout en détournant des sites d’enfouissement une plus grande quantité de déchets alimentaires.

L’application est gratuite; MeshExchange perçoit une redevance nominale sur les ventes réalisées. De même, les fournisseurs peuvent délimiter exactement qui voit leurs publications.

Susciter un engouement pour ce concept a toutefois demandé beaucoup d’efforts. Pour Mme Pautsch, cela a consisté à convaincre une masse critique de membres de s’inscrire, à changer les attitudes à l’égard du gaspillage alimentaire et à détruire le mythe selon lequel le don de nourriture pourrait entraîner des problèmes de responsabilité.

Pour obtenir du soutien, elle s’est tournée vers Bioenterprise. Cet accélérateur d’entreprises du secteur des technologies agricoles a octroyé des fonds pour créer l’application, et son vaste réseau de contacts a permis à FoodMesh de se constituer un registre de 140 fournisseurs d’aliments et organismes caritatifs bénéficiaires. Bioenterprise a également contribué aux efforts de marketing et a offert un encadrement continu.

« Bioenterprise a été absolument extraordinaire », affirme Mme Pautsch. « Nous sommes vraiment chanceux de travailler avec ces gens. »

Lauréate d’un prix Clean50 du Canada en matière de développement durable, l’application FoodMesh obtient des résultats impressionnants depuis son lancement en septembre 2017. En fait, à la mi-novembre, l’initiative avait permis de sauver plus de 200 000 kilogrammes d’aliments, d’offrir plus de 340 000 repas et de générer des économies de plus de 1,3 million de dollars pour les utilisateurs de l’application.

Et cela ne représente que la région du Lower Mainland de la Colombie-Britannique. Au cours des deux prochaines années, Mme Pautsch et son équipe envisagent d’étendre les activités de FoodMesh en Ontario ainsi que dans trois villes américaines, en mettant à profit la marque unique du service d’appariement pour réduire le gaspillage, économiser davantage et nourrir plus de gens.


foodmesh.ca

 


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